CABARET VERT 2026
20 ANS, 106 000 FESTIVALIERS ET QUATRE JOURS QUI ONT FAIT VIBRER CHARLEVILLE-MÉZIÈRES
Fabrice chandor



Deftones, Nick Cave & The Bad Seeds, Kygo, Theodora, Gims, Turnstile, Body Count, Underworld, Feu! Chatterton, Josman, Ofenbach… Pour sa 20e édition, le Cabaret Vert avait décidé de voir grand. Du 20 au 23 août 2026, Charleville-Mézières est une nouvelle fois devenue l’une des capitales françaises de la musique. Avec 106 000 festivaliers accueillis en quatre jours, le festival ardennais signe une édition anniversaire solide et confirme qu'après vingt éditions, le Cabaret Vert demeure l'un des événements majeurs de l'été dans le Grand Est.
Vingt éditions et une incroyable évolution
Il suffit de regarder le chemin parcouru pour mesurer ce que représente aujourd'hui le Cabaret Vert.
L'aventure débute en 2005 à Charleville-Mézières avec environ 10 000 personnes. Vingt éditions plus tard, le festival accueille désormais plus de 100 000 festivaliers et fait partie des grands rendez-vous musicaux français.
Mais le Cabaret Vert reste profondément attaché à son territoire.
Organisé par l'association FLaP, le festival s'appuie aujourd'hui sur une impressionnante organisation. Pour cette édition anniversaire, le budget dépassait les 12 millions d'euros, avec environ 2 000 bénévoles et 600 partenaires mobilisés autour de l'événement.
Pendant quatre jours, c'est donc une véritable ville dans la ville qui s'installe autour du Square Bayard et de la Macérienne.
Et lorsque les dizaines de milliers de festivaliers arrivent de France mais également de Belgique, du Luxembourg, d'Allemagne ou des Pays-Bas, c'est toute l'agglomération carolomacérienne qui vit au rythme du Cabaret Vert.
106 000 festivaliers pour cette 20e édition
Le chiffre est désormais officiel : 106 000 festivaliers ont participé au Cabaret Vert 2026.
Un résultat qui permet au festival de progresser par rapport à 2025, édition qui avait réuni environ 101 000 personnes.
La barre symbolique des 100 000 visiteurs est donc une nouvelle fois franchie.
Et le Cabaret Vert dépasse désormais très largement le cadre d'un festival destiné uniquement au public ardennais.
Selon le bilan communiqué après cette édition, environ la moitié du public était ardennais. Parmi les visiteurs extérieurs au département, 13 % venaient de Belgique et 10 % de la Marne. Des visiteurs venus du Luxembourg, d'Allemagne et des Pays-Bas ont également fait le déplacement.
Une donnée particulièrement intéressante : le Cabaret Vert est devenu une véritable vitrine touristique pour Charleville-Mézières et pour les Ardennes.
Quatre jours, quatre ambiances
Pour cette édition anniversaire, les organisateurs avaient décidé de renforcer l'identité de chaque journée.
L'idée : proposer des univers musicaux suffisamment différents pour permettre à plusieurs générations et plusieurs publics de se retrouver au Cabaret Vert.
Le jeudi était ainsi très largement consacré au rock et au metal, le vendredi au rock, le samedi à la pop, au rap et aux musiques urbaines, avant un dimanche voulu plus populaire et familial.
Une stratégie qui permet également de comprendre ce qui fait aujourd'hui la force du festival : on peut venir au Cabaret Vert pour Deftones sans nécessairement écouter Gims, pour Nick Cave sans être amateur de Kygo, ou pour Theodora sans être fan de Body Count.
Et pourtant, pendant quatre jours, tous ces publics se retrouvent au même endroit.
JEUDI : DEFTONES, TURNSTILE ET BODY COUNT LANCENT LES 20 ANS
Pour ouvrir cette vingtième édition, le Cabaret Vert avait préparé une soirée particulièrement musclée.
Deftones constituait évidemment l'un des événements de cette première journée.
Le groupe américain, formé à la fin des années 1980 en Californie, possède une dimension internationale considérable : plus de 10 millions d'albums vendus dans le monde et plusieurs générations de fans.
Autour de Deftones, le public pouvait également retrouver Turnstile, Body Count ft. Ice-T, Ultra Vomit, Last Train, Rise of the Northstar, Basement ou encore Speed.
Pendant ce temps, le Greenfloor prenait une orientation beaucoup plus techno avec notamment Teletech, Fumi, Interplanetary Criminal, X Club ou encore LB aka Labat B2B Partiboi69.
Dès cette première journée, le ton était donné : impossible d'enfermer le Cabaret Vert dans une seule case musicale.
VENDREDI : L'ÉLÉGANCE ET L'INTENSITÉ DE NICK CAVE
Changement total d'ambiance vendredi.
L'un des concerts les plus attendus de cette édition anniversaire était incontestablement celui de Nick Cave & The Bad Seeds.
Autour de la formation australienne, la journée proposait encore une affiche particulièrement riche avec Underworld, Feu! Chatterton, Cat Power, Sparks, Sébastien Tellier, Yerai Cortés, Pale Jay, Isha & Limsa d'Aulnay et de nombreux autres artistes.
Une journée qui illustrait parfaitement l'une des grandes forces du Cabaret Vert : pouvoir accueillir sur un même site des artistes devenus cultes et des projets beaucoup plus récents ou plus confidentiels.
Car venir au Cabaret Vert, ce n'est pas uniquement attendre les têtes d'affiche.
C'est aussi circuler d'une scène à l'autre, tomber sur un artiste que l'on ne connaissait pas quelques minutes auparavant, changer totalement d'univers musical et parfois repartir avec un nouveau nom dans sa playlist.
SAMEDI : KYGO ET THEODORA POUR UNE SOIRÉE XXL
Le samedi constituait un nouveau changement d'univers.
Kygo, Theodora, Charlotte Cardin, Disiz, Brutalismus 3000, Miki, Faye Webster ou encore La Rvfleuze figuraient notamment dans la programmation annoncée pour cette troisième journée.
Une programmation beaucoup plus tournée vers la pop, l'électro et les musiques urbaines.
Et cette diversité est précisément ce qui permet au festival de toucher aujourd'hui plusieurs générations.
Au Cabaret Vert, les amateurs de rock peuvent croiser les fans de rap, les passionnés de techno ou un public simplement venu passer une journée entre amis et découvrir plusieurs artistes.
DIMANCHE : GIMS POUR LE GRAND FINAL
Pour terminer quatre jours de festival, les organisateurs avaient choisi une tête d'affiche capable de fédérer un public extrêmement large : Gims.
Autour de lui : Josman, Ofenbach (Live), Noga Erez, Perceval, Leisure, Eve La Marka, Todiefor, Girls Don't Sync, Dakeez ou encore Urumi.
Le choix de Gims pour clôturer les vingt ans était symbolique de la stratégie de cette dernière journée : proposer un final populaire et intergénérationnel.
Après quatre jours de guitares, de rap, de techno, de pop et d'électro, le Cabaret Vert terminait ainsi son anniversaire sur une soirée capable de rassembler un public particulièrement large.
LE CABARET VERT, CE N'EST PAS QUE DE LA MUSIQUE
Réduire le Cabaret Vert à une succession de concerts serait pourtant une erreur.
Depuis ses débuts, le festival revendique une identité culturelle beaucoup plus large.
La bande dessinée occupe notamment une place historique dans l'événement.
Pour les vingt ans, l'espace BD réunissait 62 auteurs et autrices, plus de 160 séries présentées, environ 600 heures de dédicaces, quatre expositions hors les murs, des tables rondes, des masterclass, un atelier manga ou encore une chasse au trésor avec le Journal Spirou.
Le festival devient ainsi pendant quatre jours un lieu où se croisent musique, illustration, création, cinéma, rencontres et sensibilisation aux enjeux environnementaux.
C'est probablement l'une des raisons de sa longévité.
UN FESTIVAL QUI CONTINUE DE REVENDIQUER SON ENGAGEMENT ÉCOLOGIQUE
Depuis sa création, le Cabaret Vert a également fait du développement durable une partie essentielle de son identité.
Tri des déchets, circuits courts, mobilité, décarbonation énergétique, points d'eau, zones ombragées ou évolution de l'offre alimentaire : les organisateurs cherchent année après année à faire évoluer le modèle.
En 2026, 59 % de l'offre proposée sur les lieux de restauration était végétarienne, tandis que le festival poursuivait ses adaptations face aux épisodes de chaleur, notamment avec davantage d'ombre et de points d'eau.
La mobilité constitue également un enjeu majeur lorsqu'il faut faire venir plus de 100 000 personnes dans les Ardennes.
Des trains de nuit étaient ainsi proposés vers Reims et Givet, tandis que TGV INOUI proposait plusieurs liaisons quotidiennes entre Paris-Est et Charleville-Mézières pendant le festival. Le meilleur temps de parcours annoncé était de 1 h 42.
UNE ÉDITION ANNIVERSAIRE SANS GROS ACCROC
Après plusieurs éditions parfois compliquées par la météo ou le contexte économique des festivals, les organisateurs peuvent cette fois afficher leur satisfaction.
Les conditions météorologiques ont été favorables et aucun incident majeur n'est venu perturber l'organisation générale de ces quatre jours.
Le directeur du festival, Julien Sauvage, est même allé jusqu'à qualifier personnellement cette édition de « meilleure édition », soulignant notamment la sérénité inhabituelle de ces quatre jours.
Une réussite importante dans un contexte où les grands festivals français doivent composer avec l'augmentation de nombreux coûts : cachets artistiques, sécurité, technique, énergie, transport et infrastructures.
Le Cabaret Vert cherche d'ailleurs désormais davantage à consolider son modèle qu'à poursuivre une croissance permanente.
L'objectif affiché se situe autour d'une jauge de 20 000 à 25 000 festivaliers par jour, tout en cherchant à renforcer les recettes et la solidité financière de l'événement.
UN ÉVÉNEMENT QUI FAIT RAYONNER CHARLEVILLE-MÉZIÈRES ET LES ARDENNES
Au-delà de la musique, il y a enfin quelque chose de difficilement mesurable uniquement avec des chiffres : l'image renvoyée par les Ardennes pendant ces quatre jours.
Des milliers de personnes découvrent Charleville-Mézières pour la première fois.
Elles prennent le train, dorment dans le département, fréquentent les commerces, les restaurants et les bars, traversent le centre-ville et découvrent un territoire qu'elles ne seraient parfois jamais venues visiter sans le festival.
Avec 106 000 festivaliers, le Cabaret Vert est devenu une formidable vitrine pour Charleville-Mézières.
Et la provenance du public le confirme : lorsque des Belges, Luxembourgeois, Allemands, Néerlandais et des visiteurs venus de nombreuses régions françaises font plusieurs centaines de kilomètres pour rejoindre les Ardennes, l'événement dépasse largement les frontières départementales.
VINGT ÉDITIONS PLUS TARD, L'AVENTURE CONTINUE
Le plus impressionnant est peut-être là.
Vingt éditions après ses débuts, le Cabaret Vert est toujours là.
Le festival a grandi, changé de dimension, accueilli des artistes internationaux, dépassé à plusieurs reprises les 100 000 spectateurs et transformé chaque été pendant quelques jours Charleville-Mézières.
Mais son identité demeure reconnaissable : une manifestation associative, indépendante, ancrée dans les Ardennes et décidée à mélanger les publics, les générations et les cultures.
Avec 106 000 festivaliers en 2026, la vingtième édition ne bat pas le record historique de 127 000 spectateurs enregistré en 2023, mais elle confirme la capacité du festival à rester durablement au-dessus de la barre des 100 000 visiteurs.
Après vingt éditions, le Cabaret Vert n'a donc plus vraiment besoin de démontrer qu'il est devenu un grand festival.
Il lui reste maintenant à écrire la suite de son histoire.
Et elle commencera très vite.
RENDEZ-VOUS DU 19 AU 22 AOÛT 2027 !
Les scènes viennent à peine de s'éteindre que les dates de la prochaine édition sont déjà connues.
Le 21e Cabaret Vert se déroulera les 19, 20, 21 et 22 août 2027 à Charleville-Mézières.
Après les 20 ans, place désormais à une nouvelle décennie.
Une chose est certaine : en août 2027, les Ardennes vibreront encore.
Sortir en Ardennes suivra bien évidemment les prochaines annonces, les premiers noms et toute l'actualité du Cabaret Vert 2027.
Photos DR
Fabrice Chandor
